Pranayama de printemps

Quelles respirations pour soutenir le corps au printemps ?
Au début du printemps, Kapha (Terre et Eau) se réchauffe et se liquéfie pour mieux être évacué vers l’extérieur. L’objectif ? Évacuer tout ce qui a été engrangé pendant l’hiver et qui n’est plus utile, faire place nette pour accueillir toutes les bonnes vitamines du printemps. L’ayurveda propose de nombreuses astuces pour traverser cette saison avec légèreté et se débarrasser des toxines, mais le pranayama peut aussi nous être d’un grand secours…
En effet, au printemps le corps se met en branle et le système digestif fait de son mieux pour évacuer ce qu’il faut. Cependant, notre gourmandise ou notre stress peuvent entraver ce processus… Outre les recettes de tisanes d’épices et les rituels de nettoyage (je vous recommande vivement le verre d’eau tiède à jeun), il est possible grâce au pranayama, de soutenir le nettoyage du corps et d’éviter les symptômes d’un déséquilibre Kapha, comme le nez qui coule, les allergies etc.
Les pranayama vigoureux et dynamiques vont devenir nos précieux alliés : ils réveillent la chaleur, stimulent le feu digestif (agni), soutiennent l’immunité et aident le corps à éliminer ce qui doit l’être.

Quels pranayama choisir ?
Kapalabhati et Bhastrika peuvent être les outils essentiels de votre routine… sans compter qu’ils augmentent le niveau de prana.
Ce sont en effet des respirations vigoureuses qui engagent tous les muscles du buste, notamment les abdominaux. A chaque respiration, les viscères sont ainsi massés, ce qui améliore la digestion, tonifie le foie et l’estomac, tout en améliorant le transit. Le nerf vague qui vagabonde entre les organes du système digestif est stimulé, ce qui calme le système nerveux autonome (activation de la branche parasympathique qui invite au repos).
Uddiyana bandha peut quant à lui être une excellente introduction aux deux pranayama précédents, dans la mesure où il assouplit le diaphragme et masse aussi les viscère en les comprimant légèrement. Il active ainsi la digestion et augmente l’amplitude du mouvement respiratoire.
Surya anga ou Surya bedhana, qui mettent en valeur la respiration par la narine droite, vont activer Pingala, l’énergie solaire en nous. Ces deux respirations agissent directement sur le feu digestif, mais aussi sur Tapas, la discipline, la chaleur et l’élan qui permettent la transformation. Ces respirations ont cependant souvent besoin d’être équilibrées par nadi shodhana, car elles sont très puissantes et peuvent déséquilibrer les constitutions pitta.
La séance ci-dessous propose essentiellement des séries de bhastrika et de kapalabhati, suivies d’une pratique équilibrante qui convient à toutes les constitutions.

A quel moment faire ma pratique de pranayama ?
En yoga, on privilégie les pratiques matinales, quand l’air est encore vif, pour éviter la surchauffe. Les séances restent courtes — le corps travaille déjà intensément en ce changement de saison — mais suffisamment toniques pour réduire l’inertie, alléger Kapha et relancer la circulation.
L’idéal est de commencer par quelques cycles de Salutations au Soleil ou toute autre pratique qui réchauffera votre corps. Cette introduction – qui peut être brève – améliore la circulation sanguine, permet de dégager les nâdis (méridiens) pour que prana circule mieux et que le corps tire tous les bénéfices des exercices de pranayama qui vont suivre. Les extensions, asana et bandha qui ouvrent et dégagent la cage thoracique sont aussi excellents au printemps car en plus d’étirer le diaphragme, ils décongestionnent la zone des poumons.
Mais si vous n’êtes pas disponibles le matin, mieux vaut pratiquer quand vous avez le temps que pas du tout ! La séance ci-dessous peut, pour certaines personnes, être énergisante, mieux vaut peut-être ne pas la faire juste avant de s’endormir…
Bonne pratique !

