Ayurveda – Manger de saison ?

Manger de saison avec l’Ayurveda

 

 

Pourquoi est-il bon de manger de saison ?

 

Qui ne rêve pas d’une bonne salade de tomates bien fraîche en été et d’une délicieuse tourte aux poireaux l’hiver ? Le corps n’a pas les mêmes envies selon les saisons, et l’Ayurveda explique qu’il n’a pas non plus les mêmes capacités digestives… Alors, comment s’accompagner au mieux en suivant les rythmes de la Nature ?

 

Si l’Ayurveda conseille de manger autant que possible des aliments de saison, c’est parce qu’ils sont bien plus faciles à digérer que le reste, qu’ils respectent les cycles de la Nature et qu’ils nous apportent tous les nutriments dont nous avons besoin à chaque période de l’année. Notre corps n’a pas non plus les mêmes capacités digestives selon les saisons. La science s’en est rendue compte en découvrant qu’il existe une microbiologie propre à chaque moment de l’année.

Inutile donc de tenter une salade de tomates en plein hiver… Même avec des épices digestives ça ne passera pas : le corps n’a pas les micro-organismes qu’il faut, la flore intestinale à cette époque de l’année n’est pas adaptée pour assimiler des tomates (et ce qui n’est pas assimilé est transformé en toxines…).

En hiver, préférez une salade de lentilles plutôt que du cru…

 

Agni et les saisons en Ayurveda

Nous savons que le feu digestif (Agni) varie selon les moments de la journée, notre constitution individuelle, notre état de santé, l’âge et les saisons. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas tous manger la même chose et que certains aliments peuvent être digestes à certains moments et pas à d’autres. Manger de saison pour l’Ayurveda est ainsi le meilleur moyen de s’assurer une digestion facile, produisant peu de toxines (pour repérer si vous avez ou non des toxines, il existe un article sur le sur le sujet). Choisir le mode de cuisson adapté permet aussi d’adapter notre nourriture à notre feu digestif.

 

Agnie désigne à la fois le feu sacrificiel et notre feu digestif

Par exemple, en hiver, le feu digestif augmente pour réchauffer le corps. Cette chaleur reste à l’intérieur et permet d’avoir un bon agni, capable de digérer des aliments nourrissants, denses et chauffants, notamment les céréales qui permettent de lutter contre le froid. Les légumes d’hiver sont aussi riches en minéraux, plein des nutriments qui permettront à notre corps d’avoir une bonne immunité.

Au printemps, le corps est un peu lourd et encrassé de ce qu’il a stocké pour affronter l’hiver et la digestion peut se faire plus lente. L’organisme a besoin à ce moment là de se purifier : les aliments légers et asséchants de saisons sont parfaits (radis, les asperges, pissenlit, blettes, brocolis, poireaux… – pour plus de détails sur le régime ayurvédique de printemps, lire l’article dédié)) C’est aussi le moment de soutenir Agni avec des épices et une pratique de yoga adapté.

En été, souvent, notre appétit est discret et nous recherchons des repas plus légers. C’est le moment où notre digestion est la moins bonne car agni (le feu digestif) diminue pour ne pas surchauffer le corps. Nous avons alors besoin d’aliments rafraichissants, liquides et légers pour le système digestif (fruits, feuilles, légumes verts…) ainsi que des goûts qui vont diminuer le dosha Pitta qui peut avoir tendance à s’emballer à ce moment de l’année.

Enfin, en automne, le dosha vata domine avec son instabilité. La digestion peut être variable et le corps a besoin d’aliments fibreux (légumes, fruits) pour évacuer les toxines et la chaleur accumulés dans le colon. C’est le moment où il est vraiment important de cuire ses aliments et d’y intégrer des épices, ainsi que des huiles ou un peu de ghee pour soutenir le feu digestif et amener l’onctuosité qui fait défaut à Vata.

 

Manger de saison permet une bonne digestion

 

A chaque saison son microbiome…

Si digérer des aliments de saison est plus facile, c’est aussi parce que la flore intestinale change selon les moments de l’année et s’adapte. La science appuie ainsi l’idée de l’Ayurveda selon laquelle manger de saison est meilleur pour la santé en mettant en évidence l’existence d’une microbiologie propre à chaque saison : notre flore intestinale et celle des animaux change en fonction des moments de l’année et en fonction de ce que nous mangeons. Ainsi, l’estomac des herbivores est peuplé au printemps de bactéries permettant de digérer les feuilles tendres et les racines amères. Ces micro-organismes sont remplacés au fil des mois par d’autres, de façon à ce que les animaux puissent digérer en hiver les fibres de bois. Si un chevreuil mangeait en plein saison froide des légumes à feuilles vertes, il y aurait de fortes chances qu’il produise des gaz et finisse par avoir une indigestion : sa flore intestinale n’est plus du tout adaptée à cette alimentation qu’il ne peut pas digérer correctement.

 

Les animaux ne mangent que ce qui est disponible dans la Nature

C’est exactement pareil pour nous. La flore de notre intestin, notre microbiome, change selon les saisons et selon notre alimentation. Les micro-organismes qui composent ce microbiome proviennent de la terre qui nourrit les plantes que nous mangeons. Il y a ainsi une sorte de symbiose entre les aliments et les micro-organismes : notre nourriture contient ce dont nous avons besoin pour la digérer. Résultat, manger hors saison perturbe notre flore intestinale et notre digestion.

Inutile de dire dans ce cadre qu‘il est préférable bien sûr de manger des aliments qui poussent près de chez nous, car ils viennent du même milieu que nous. Ce qui pousse en automne en Espagne n’a rien à voir avec ce que nous pouvons trouver dans le Nord de la France à la même saison…

 

L’équilibre acido-basique et les aliments de saison

Si vous optez pour alimentation de saison, vous aurez aussi plus de chance de voir votre équilibre acido-basique se réguler tout seul. En effet, notre alimentation joue sur le pH sanguin qui influence fortement notre santé. Avec la récolte de chaque saison, le pH du corps se modifie créant ainsi les conditions favorables soit à une détoxication de l’organisme, soit à la constitution de réserves pour l’hiver.

Le pH change en effet selon les besoins du corps. Ainsi, au printemps, en été et au début de l’automne (de mars à octobre environ), les fruits frais, les légumes verts et les aliments à faible teneur en graisse sont en abondance. Ils donnent une dominante alcaline particulièrement bienvenue à cette époque de l’année puisqu’un pH alcalin permet au corps de se nettoyer et de se détoxifier plus facilement.

 

La grenade, cueillie de septembre à décembre, est un puissant anti-oxydant

Ce régime alcalin maintenu pendant la majeure partie de l’année améliore la santé osseuse, réduit l’atrophie musculaire chez les personnes âgées, atténue l’hypertension et les risques d’AVC, améliore la mémoire et augmente le magnésium intracellulaire nécessaire à de nombreux systèmes enzymatiques. Ainsi, les aliments alcalins, c’est-à-dire ceux dont le pH est au-dessus de 7 sont considérés comme meilleurs pour la santé. Consommer des fruits et légumes frais entre mars et octobre permet de cultiver une bonne immunité pour les mois d’hiver et de nettoyer l’organisme des toxines accumulées pendant la saison froide.

Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faut bannir toute nourriture acide de notre alimentation. En effet, les aliments acides (dont le pH est inférieur à 7) sont plus difficiles à digérer, plus denses, mais permettent aussi de constituer les réserves nécessaires pour tenir pendant les froids de l’hiver. Les céréales, les légumineuses, les produits laitiers et les viandes ont plus de protéines, plus de matière grasse et, consommés raisonnablement à la bonne saison, ils nous permettent de mieux résister à l’hiver. Ceci d’autant plus que le corps les stocke plus facilement que les aliments alcalins. Autrement dit, lorsque nous mangeons des aliments denses, ils ont tendance à entrer plus profondément dans les tissus, ce qui est une bonne chose lorsque l’on a besoin veut faire des réserves pour la saison froide.

 

Si l’écureuil mangeait uniquement des fruits et légumes frais, il ne pourrait pas tenir en hibernation tout l’hiver, il mourrait de faim !

Mais si les aliments acides entrent profondément dans notre corps et que notre corps les stocke aisément, cela veut aussi dire qu’il est très important de les choisir de bonne qualité (pour ne pas s’encrasser de toxines) et qu’il doivent être consommés en fonction de la saison (en automne et en hiver, de novembre à février). Malheureusement, ce n’est pas souvent le cas dans notre mode de vie actuel. Les aliments dont nous nous nourrissons au quotidien sont en général très acidifiant ce qui nous prédispose à la dégénérescence des tissus ou à la maladie. Citons les produits ultra-transformés, les aliments industriels, emballés, les plats surgelés, le sucre raffiné, le café, les produits de boulangerie, l’alcool et les boissons gazeuses.

Notre rythme de vie trépidant et le stress qui lui est associé étant lui aussi une des causes d’acidification de l’organisme, il est important de manger aussi « naturel » et non transformé que possible, des aliments frais et de saison : cela permet au pH de se réguler naturellement. Une autre façon de moduler le pH est de travailler sa respiration, de faire en sorte qu’elle soit ample, consciente et bien « oxygénante ». Même s’il y a peu de chance que nous parvenions à un équilibre acido-basique absolument parfait, prendre soin de son souffle et de sa nourriture permettra au moins d’éviter la déminéralisation et le vieillissement prématuré des cellules que provoque l’acidification.

 

En bref, pour éviter l’acidification de l’organisme et favoriser une bonne digestion selon l’Ayurveda :

– Manger des fruits et légumes de bonne qualité (bio si possible) et frais.

– Manger des fruits et légumes de saison.

– De mars à octobre augmenter la proportion de fruits et légumes frais pour évacuer les toxines et de l’hiver précédent et préparer une bonne immunité pour l’hiver qui arrive,

– D’octobre à février ajouter aux fruits et légumes une bonne part de céréales et des légumineuses de bonne qualité pour nourrir le corps et lui permettre de faire des réserves.

– Éviter tous les aliments « acidifiants » industriels dont vous pourrez vous passer, comme le sucre raffiné, l’alcool, le café et diminuer la consommation de viande et de laitages.

 

Les stages et ateliers de yoga et Ayurveda permettent d’en savoir encore plus et d’intégrer toutes ces notions au quotidien !


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