Yoga des émotions – la Peur

Rasa Sadhana pour la Peur

Accompagner ses émotions avec le yoga

Bhayanaka – la Peur

Il y a les petites peurs, les grosses peurs, celles dont on a honte, celles dont on se passerait bien et toute la cohorte des micros-soucis qui hantent notre quotidien… Le yoga y a pensé et propose des outils qui permettent non pas d’éliminer ces peurs, mais d’éviter qu’elles nous aveuglent (et nous pourrissent la vie). Nous avons abordé le sujet en atelier ce week-end, voici quelques clefs…

 

 

La Peur fait partie des 9 principes émotionnels fondamentaux du yoga (les Nava Rasa). La peur est nécessaire, c’est même certainement elle qui fait que notre espèce existe encore aujourd’hui – sans peur, on se serait certainement fait manger par de gros prédateurs… Mais de nos jours, partir en courant n’est plus possible et la Peur n’a plus le même visage, elle n’est plus aussi évidente… Elle s’insinue, lentement dans notre quotidien, se manifeste par de la nervosité, des inquiétudes, des mauvaises habitudes ou des schémas comportementaux qui nous desservent, elle se transforme en colère… Toutes ces « peurs » nous font oublier notre véritable nature. Le yoga propose pour y remédier une « diète émotionnelle », la Rasa Sadhana.

 

En Ayurveda, il existe un lien étroit entre les saveurs et les émotions…

 

 

La Rasa Sadhana, qu’est-ce que c’est ?

La «  diète émotionnelle » (Rasa Sadhana en yoga), est une discipline que l’on va s’appliquer à soi-même pendant un temps déterminé (ça peut aller de 1 heure à toute une vie…). Cette discipline va avoir pour objet l’étude, l’observation et l’accompagnement des émotions. On va donc expérimenter, observer et faire des exercices dont le but ultime est de se défaire des schémas comportementaux habituels pour en créer d’autres (ce qui passe par une reprogrammation des connexions neuronales), plus positifs, meilleurs pour la santé et le moral.

 

L’idée de cette reprogrammation étant de ne plus se laisser embarquer par le cerveau…

 

 

Les outils de la Rasa Sadhana des émotions

Pour travailler sur les émotions, il existe plein de possibilités différentes qu’il est bon de combiner pour avoir un résultat aussi probant que possible. La science a montré qu’il existe un lien fort entre le corps (notamment les intestins considérés comme notre second cerveau) et les émotions. Comme on outil, on aura donc :

  • la nourriture
  • les pratiques physiques
  • les pratiques respiratoires
  • les pratiques mentales

 

Et ne pas oublier que « yoga » n’est pas synonyme de « postures »…

 

 

La Peur et l’Ayurvéda

Quand on regarde la Peur, ses effets et les éléments auxquels elle est rattachée, on ne met pas très longtemps à se rendre compte qu’elle est liée aux éléments de l’Air et de l’Espace (Vata en Ayurvéda – si vous avez besoin d’un rappel, il existe un article sur le lien indissociable qui existe entre le yoga et l’Ayurveda).

Si la peur est liée au principe Vata (Air et Espace), alors cela veut dire que la peur n’aura pas la même prise sur nous selon notre âge, la saison, notre constitution ayurvédique, notre vie quotidienne, le milieu dans lequel on évolue etc…

L‘époque dans laquelle nous vivons par exemple, est considérée comme une époque Vata, c’est-à-dire une époque basée sur le mouvement, l’immatériel, la rapidité, l’irrégularité, la diversité. Autrement dit, notre époque est favorable au déploiement de la Peur (surtout si en plus on est en automne, que vous êtes âgé, que vous vivez en ville avec un travail stressant et une vie de famille bien remplie et que dans votre constitution ayurvédique il y a une grande part de Vata…).

Pour mettre les choses en perspective, vous pouvez vous poser ces questions, juste histoire de voir comment vous répondez (sans tricher, en étant authentique;-) : Pourquoi, on s’arrête au feu rouge ? on ne se gare pas n’importe comment ? on finit un plat que l’on déteste quand on est invité ? on ne porte pas le costume en lin rose que l’on adore ? on va travailler ? on a des assurances pour tout ? on se fait vacciner ? on a un chien ? on mange bio ? … bref, voyez les réponses que vous obtenez, c’est intéressant et ça peut même changer dans le temps !

 

On stresse toujours moins quand on est dans la Nature, avec un mode de vie apaisé…

 

 

Les clefs pour maîtriser Bhayanaka – la Peur

« Chercher la compagnie et la vérité tout en remplissant ses devoirs »

Quand vous sentez poindre la peur, n’hésitez pas à vous entourer, à contacter des amis qui n’ont pas les mêmes peurs que vous pour que votre mental ne s’emballe pas tout seul et se fasse des films trop exagérés…

Quand on a peur, penser à BIEN s’entourer…

 

La vérité

La peur vient de ce que l’on ne sait pas, du fait que l’on imagine, de l’inconnu que l’on a peur de ne pas savoir maîtriser, de se mettre en danger… Comme l’explique Peter Marchand, développer sa force intérieur procure plus de contrôle sur le corps, le mental, l’ego, l’intellect. La pratique du yoga et de la méditation sont des outils importants dans ce travail sur soi. Connaître son corps, être familier des tribulations de son mental sont d’une grande aide.

Et plus simplement, avant de se faire des films, ça peut être intéressant d’en savoir un peu plus, ou simplement d’attendre de voir comment les choses vont évoluer (au lieu d’imaginer toutes les complications qui vont vous arriver si votre enfant ne peut pas aller à l’école demain matin, attendez simplement de voir s’il va vraiment devoir rater l’école…).

 

Ne pas procrastiner – « remplir ses devoirs »

Si vous avez une grosse réunion la semaine prochaine, il est normal et sain d’être inquiet. Il est même important d’y penser, de s’y projeter, mais de façon positive et constructive ! Autrement dit, ce n’est pas parce que la peur est liée à l’interprétation du futur qu’il faut se cantonner au présent pour la faire disparaître. Il est important de bien s’organiser, de planifier, de faire tout ce qui doit être fait pour que les choses (la réunion) se passent bien. Par contre, une fois que tout est organisé, bien préparé, il est inutile de continuer à s’appesantir sur l’inquiétude, le reste ne dépend plus de vous. Ne rien avoir à se reprocher renforce la force intérieure et diminue la peur, tandis que la procrastination l’augmente car elle diminue notre maîtrise des événements.

Dessin de Ludinosaure ; pour ne pas se laisser embarquer par le mental, foisonnant !

 

La régularité

La Peur est liée, nous l’avons vu, au dosha Vata de l’Ayurvéda. Ce principe est aggravé par l’irrégularité. Si vous voulez donc ramener de l’équilibre dans votre vie et donner moins de prise à la peur, il peut être très utile d’avoir une routine de vie (surtout en automne où le Vata est encore plus fort), des habitudes, une régularité. C’est sain et sécurisant. La dynacharia (les rituels quotidiens de détoxications de l’organisme, comme le nettoyage de la langue, ou l’eau tiède…) permet d’avoir une bonne santé physique et mentale. N’hésitez pas à manger à heure fixe, à respecter les rythmes du corps, du sommeil, du repos, des loisirs, et d’avoir de petites habitudes qui donnent une trame et une stabilité à votre semaine.

L’irrégularité, les déplacements trop rapides, les changements de lieux ou d’emploi du temps trop fréquents, le décalage horaire, l’incertitude, la remise en cause de principes toutes les deux semaines etc… déséquilibrent Vata et favorisent la Peur.

 

Désidentification

C’est le point ultime, peut-être le plus difficile… La peur vient de l’identification au corps et à l’ego, ainsi que de l’ignorance fondamentale de la Nature du Soi. Pour être trivial, si « je sais » (pas de façon intellectuelle, mais vraiment intégrée dans mon fonctionnement) que « je » suis une âme (ou un esprit ou autre) qui passe de corps en corps dans le but d’apprendre et d’expérimenter, la peur disparaît. Je sais que je ne suis pas mon corps, que je ne suis pas mon ego.

Ainsi, quelle que soit l’émotion qui me traverse, je ne suis pas cette émotion, elle est passagère, elle ne reflète pas ma vérité, elle est juste un état particulier de mon être actuel. Elle est le cocktail chimique du moment, un ordonnancement de mes cellules, une façon de voir le monde, une manière pour moi d’exprimer certaines choses, d’expérimenter le monde, d’apprendre… L’émotion ne décrit pas le monde tel qu’il est, mais mon état intérieur, qui fait que pour le moment je vois le monde de cette façon.

Lorsque vous êtes dans votre cours de yoga préféré et qu’une voiture dans la rue fait rugir son moteur, cela peut vous énerver, ou vous traverser. Quoiqu’il en soit, l’énervement ou le calme ne sont pas dans la voiture, ils ne sont pas des propriétés du réel, ils sont votre façon de vivre la voiture, ils expriment un état des choses en vous. Alors, quand la peur surgit (ou la colère car elles sont souvent liées) un des premiers exercices de la sadhana pourrait être d’observer comment vous réagissez et ce que cela reflète de votre état intérieur.

 

 

 

Apprivoiser Bhayanaka en Yoga

Nous l’avons vu, pour accompagner la Peur, il est possible d’établir une routine quotidienne (dynacharia) qui soit à la fois bonne pour le corps et pour le mental, de repenser sa nutrition, et il est possible aussi de pratiquer le yoga, la respiration et la méditation.

Pour ce qui est du yoga, toutes les postures qui équilibrent Vata (ainsi que les postures qui travaillent spécifiquement sur chacun des 5 Vayus) sont bonnes. Pour faire simple, il est intéressant de privilégier toutes les postures d’ancrage (les guerriers, ce qui travaille la force dans les jambes…), ainsi que les postures liées aux hanches, les postures assises, proches du sol.

 

Les méditations et visualisations (notamment du soleil levant ou couchant), ainsi que le chant de bijas (c’est-à-dire les syllabes Lam, Ram, Hum, Sham, Som, Om Shanti) sont aussi très bénéfiques. Et bien sûr, toutes les mudras qui relient aux éléments de la Terre et de l’Eau…

 

Bonne pratique !

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces pratiques, les stages et ateliers continuent d’avoir lieu ; et en 2021 un cursus Yoga et Ayurveda (min. 100 heures) vous permettra d’aller plus loin

Le cursus permettra de mieux se comprendre grâce à l’Ayurveda et de connaître les outils (yoga, diététique, massage, processus de détoxification…) avec lesquels on peut améliorer notre quotidien.

Source :

Le Yoga des neuf émotions, de Peter Marchand (actuellement uniquement en anglais)


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