Vata, Pitta, Kapha ? A quoi bon ?

 

Pourquoi s’identifier à un dosha ?

 

 

L’intérêt de connaître sa Prakriti

 

L’ayurveda distingue trois grands principes que l’on appelle les dosha Vata, Pitta et Kapha. Chacun a ses caractéristiques et il existe moult tests pour savoir si l’on est l’un plutôt que l’autre. Mais à quoi cela me sert-il de savoir ? Cette quête de la constitution ayurvédique (prakriti) se relie certainement à une tentative honorable pour mieux se connaître, mais le but de l’Ayurveda est-il réellement de nous caser (encore) dans une boîte ? De nous coller une étiquette ?

 

La confusion commence dès que l’on utilise le raccourci « Quel dosha êtes-vous ?  » ou lorsque l’on dit « je suis Vata ». Certes, au début ce n’est qu’un raccourci, mais à la longue on oublie le vrai chemin et tout ce qu’il y a derrière…

 

Vata, Pitta Kapha, c’est quoi en vrai ?

Vata, Pitta et Kapha sont des doshas. Cela signifie qu’ils sont des principes intelligents, des fluides produits en continu pour nourrir notre organisme, organiser notre matière et assurer son bon fonctionnement. Autrement dit, les doshas sont l’ensemble des forces qui permettent à mon corps de rester « un » et de fonctionner.

 

 

  • Vata est le principe du mouvement : il est dans tout ce les organes creux de mon corps (comme mes oreilles par exemple), il gère tous les mouvements internes et externes, comme les battements cardiaques, le système nerveux, la circulation des fluides, mes mouvements de bras etc.
  • Pitta est le principe de transformation : il est l’action métabolique qui digère tout ce qui entre dans mon corps (la nourriture mais aussi l’air, les stimuli visuels etc.), le transforme en chaleur, en énergie…
  • Kapha est le principe de cohésion : il est tout ce qui « colle », tout ce qui permet à mon corps de tenir bien ensemble, ce sont les muscles, les tendons, la graisse. C’est tout ce qui m’apporte de la matière, aussi bien physiquement qu’émotionnellement et mentalement.

J’ai donc à l’intérieur de moi ces trois principes fondamentaux qui sont produits en permanence et dont le « volume » de production varie en fonction de nombreux de critères (que l’on apprend à identifier en ayurveda pour pouvoir les équilibrer). Ces trois doshas agissent chacun sur les plans corporels, sensitifs, cérébral et spirituel et viennent régir la délicate relation corps-esprit-âme.

 

Mon dosha à moi

Cependant il est vrai que j’ai à l’intérieur de moi un dosha, un « fluide » qui est produit et qui circule de façon plus importante que les autres (souvent d’ailleurs, j’ai plutôt deux doshas favorisés, d’où les doubles constitutions). C’est là qu’intervient alors le fameux raccourci par lequel on s’identifie à ce fluide et à toutes les caractéristiques auxquelles il est rattaché.

 

Vata est aggravé par le vent, le froid et la sécheresse.
  • Par exemple si j’ai beaucoup de dosha Vata en circulation en moi, je vais être identifié comme : « être mince, avoir un visage allongé et la peau sèche, j’aurai aussi plein d’idées mais beaucoup de mal à les organiser. Ma digestion sera erratique, mon système nerveux très sensible, j’aimerai voyager… »

Bien sûr la plupart du temps on se reconnaît dans ces descriptions (assez générales il faut le dire) et l’on est souvent content de mieux comprendre son fonctionnement. Mais qu’est-ce que « je suis Vata » veut réellement dire et qu’est-ce que cela implique ?

 

Dosha –  » ce qui s’obscurcit »

En sanskrit, le terme « dosha » signifie ce qui s’obscurcit, imperfection, défaut. Autrement dit, avoir pour dosha dominant Vata ne signifie pas avoir certaines caractéristiques propres aux Vata. Cela signifie plutôt que le fluide Vata circule en une certaine proportion en moi et que cette proportion fait que c’est ce dosha Vata qui est susceptible de se déséquilibrer en moi le premier. C’est donc lui que je dois le plus surveiller et le plus chouchouter.

  • Par exemple : si « je suis Vata », que nous sommes en automne, qu’il fait froid, qu’il y a du vent, que je suis âgée et qu’en plus je mange des biscottes, des fruits secs et un fruit cru au petit déjeuner. Si je voyage, que je dois attendre mon train sur un quai de gare glacial et venteux en fin de journée et que je me sens un peu fatiguée, il y a de fortes chances que mon dosha Vata, avec toute cette accumulation de situations Vata, se déséquilibre (et donc que je tombe malade, que je ballonne, que je digère mal etc.).

 

Les fruits secs sont en général mieux assimilés quand ils sont trempés. Pour Vata, les humidifier permet aussi de mieux les digérer.

Le trait est un peu forcé, mais l’idée est là… Avoir une idée de son (ou ses) dosha dominant et connaître les outils de l’ayurveda comme la diététique, la routine quotidienne (dinacharya), l’utilisation des épices, les cycles des doshas etc. peut m’aider à compenser les déséquilibres que je rencontre dans mon quotidien.

  • Pour reprendre mon exemple : si je dois voyager en fin de journée et attendre sur un quai glacial et venteux mon train, je sais que je vais me retrouver dans une situation qui peut déséquilibrer vata en moi, d’autant plus si je suis fatiguée et que « je suis vata ». Je vais donc compenser la situation vata en appliquant des astuces « anti-vata » : bien me couvrir et bien me chauffer. Je vais surtout porter un bonnet et abriter mes oreilles du vent. En rentrant le soir je me ferai un petit massage rapide à l’huile de sésame (légèrement chauffée si possible) et je prendrai ensuite une douche bien chaude. Et au lieu de grignoter je mangerai quelque chose de cuit, de chaud, d’onctueux et de bien dense, avec une tisane aux épices anti-vata. Et surtout, je prendrai le temps de bien me reposer, de ne pas m’agiter une fois rentrée et je me coucherai tôt.

 

Un bon thé chaud aux épices et un moment de vrai repos sont idéals pour récupérer d’une journée vata un peu trop agitée…

 

Être capable d’identifier son dosha dominant, celui qui peut le plus facilement se déséquilibrer, permet ainsi de mieux comprendre pourquoi on peut parfois se sentir moins en forme que d’habitude. On apprend à lire les signaux et on peut alors appliquer quelques principes ayurvédiques de base correspondant à notre constitution. Cela permet – si on n’est pas allé trop loin ou resté trop longtemps dans le déséquilibre – de nous aider à retrouver notre équilibre.

Si vous avez envie d’en savoir un peu plus sur votre dosha dominant, lequel vous devez avoir à l’oeil et comment il se manifeste, la prochaine matinée (11 février 2024) peut vous éclairer ! Cela vous permettra en tout cas d’avoir une idée un peu plus précise que ce que les tests en ligne peuvent vous proposer ! Pour voir le programme…

 

Petite note supplémentaire : un corps en bonne santé est capable de se rééquilibrer tout seul. Autrement dit, je n’ai pas besoin au quotidien de me surveiller en permanence pour ne faire que ce qui est recommandé pour mon dosha. L’ayurveda n’enferme pas, bien au contraire ! Lorsque j’ai de l’énergie et que tout va bien, mon corps est assez fort pour régler tout seul les petits soucis, évacuer ce qui doit l’être et stabiliser les doshas. Les problèmes arrivent quand j’ai trop tiré sur la corde et que je n’ai plus assez de ressources pour retrouver naturellement mon équilibre. C’est là qu’il faut être attentif aux signes et symptômes qui indiquent un déséquilibre et agir en conséquences en suivant le dosha qui est déséquilibré.

A bientôt !


4 thoughts on “Vata, Pitta, Kapha ? A quoi bon ?

  1. Merci beaucoup Eugenie, je vais relire ces informations avec bcp d’intérêt !
    Très belle journée,
    Christine

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