Kapalabhati, apprivoiser un souffle qui impressionne

 

Kapalabhati,
technique d’un souffle puissant

Article écrit garanti sans IA

Kapalabhati en tadasana debout

 

Parmi les respirations que l’on découvre en yoga, la technique de Kapalabhati est souvent l’une de celles qui impressionnent le plus les débutants. Il faut dire qu’au premier abord, ce souffle a quelque chose de spectaculaire : il est sonore, rythmé, énergique et fait émerger pas mal de questions… Comment faire sortir l’air ? Par le nez ou par la bouche ? Faut-il souffler en une seule fois ? Plusieurs petites fois ? A quel moment est-ce que j’inspire ? Et comment rendre mon expiration si active ?

 

Kapalabhati est un souffle accéléré avec une particularité essentielle : malgré la vitesse, il se termine par un effet calmant, avec une activation du système parasympathique (celui lié à la détente). Autrement dit, à la fin d’un kapalabhati le pratiquant habitué à cette respiration ressentira une légère sensation de flottement au niveau du mental et une détente de tous les muscles du corps. Si de votre côté vous vous sentez crispés, tendus ou en inconfort respiratoire, c’est que vous faites fausse route…

Ce qui peut rendre kapalabhati difficile, c’est qu’il va à l’encontre de nos habitudes respiratoires : pour une fois, l’inspiration est passive, elle se fait sans contrôle, naturellement, tandis que l’expiration est active, c’est-à-dire qu’elle est enclenchée par un effort musculaire. Ce sont les muscles abdominaux qui se contractent brièvement et superficiellement pour chasser l’air hors des poumons.

Voici la technique de kapalabhati, étape par étape, pour apprivoiser ce souffle sans se crisper, sans chercher à imiter immédiatement le pratiquant expérimenté à côté de soi et surtout sans se mettre en difficulté.

 

Première étape, trouver une bonne assise… L’assise sur les talons avec une brique entre les chevilles peut aider à garder un dos droit sans effort.

 

Kapalabhati, la technique, étape par étape

Kapalabhati est un souffle rythmé où l’expiration est active et l’inspiration totalement passive. Le geste se fait à volume courant, sans forcer dans les amplitudes : le ventre se contracte rapidement pour expulser l’air, puis se relâche pour laisser l’inspiration se produire d’elle‑même.

Deux choses importantes qui conditionnent Kapalabhati

  • La qualité de l’assise : pour que le ventre puisse rester souple et se relâcher à l’inspire, la colonne vertébrale doit être neutre, avec ses trois courbures physiologiques. Souvent les pratiquants bombent le torse, ou poussent les basses côtes vers l’avant dans l’intention de se redresser, mais cela bloque le diaphragme et empêche le mouvement correct du ventre. Les muscles du dos doivent être parfaitement détendus. Pour être sûr, on peut s’asseoir sur une chaise ou sur les talons (= posture où le bassin est libre de basculer vers l’avant ou vers l’arrière).

  • Maîtriser la respiration abdominale : pour pratiquer kapalabhati, il est nécessaire de savoir maîtriser la respiration yogique complète et donc sa sangle abdominale. Cette dernière doit en effet pouvoir se relâcher très rapidement après chaque expiration. C’est LA condition la plus importante.

 

Pour vous aider, voici une vidéo explicative pas à pas, de la technique :

 

Kapalabhati, quelques astuces en vrac…

  • Au tout début de l’année, les sessions de kapalabhati sont très courtes parce qu’elles demandent beaucoup d’effort et de concentration… J’en profite pour proposer de pratiquer cette respiration debout. Cela permet de libérer les tensions du dos, de ne pas chercher à se redresser et de se concentrer dans le mouvement du ventre.
  • Kapalabhati se fait par le nez. Mais au début, on peut s’entraîner en expirant par la bouche et en projetant le son « T ». Cela aide à contracter le ventre.
  • En kapalabhati, on n’expire pas par petit morceaux une seule expiration. Chaque fois que mon ventre se contracte, cela correspond à une expiration. L’inspiration se fait ensuite de façon passive, grâce au relâchement des abdominaux : mon ventre se détend complètement, s’arrondit naturellement et l’inspiration se fait toute seule (ce ne sont pas les côtes qui s’ouvrent). On a donc un schéma : expulse, relâche, expulse, relâche…
  • Au début, il est très important d’aller très lentement : j’expire en contractant le ventre, brutalement, brièvement, sèchement. Puis, je prends le temps de relâcher tous les abdominaux que je viens de contracter avant de lancer la seconde expiration. Souvent on se jette sur l’expiration suivante sans avoir relâché le ventre. Conséquence, on finit par étouffer et enrouler le dos.
  • Je peux imaginer que j’ai une mouche sur le dessus de ma lèvre supérieure, et je veux la chasser juste avec mon souffle sortant de mes narines.
  • Bien vérifier que l’expiration correspond à un ventre qui rentre et pas à une cage thoracique qui descend. Le débutant a vite fait d’inverser le mouvement, le buste reste immobile, il n’y a que le ventre qui est mobile.
  • Une fois que votre salve d’expirations est terminée, il est important de prendre une belle inspiration et de retenir le souffle quelques secondes, alors que les poumons sont remplis aux trois-quart. Cela permet au CO² de tranquillement remonter pour retrouver son dosage habituel. Lorsque vous serez à l’aise, vous pourrez ajouter à cette rétention des bandhas, pour affiner le travail.

Dans tous les cas, l’idéal est de pratiquer avec un professeur qui vous observe et vous corrige… Si le sujet vous intéresse, il existe aussi des formations spécifiques dédiées au pranayama.

Une fois que l’on a testé quelques salves de kapalabhati, on peut travailler sur d’autres repères pour vérifier que l’on pratique correctement.

 

Kapalabhati en tadasana debout
Pratiquer kapalabhati debout permet de libérer le bassin et de se concentrer sur le ventre.

 

Les effets de kapalabhati

Kapalabhati modifie temporairement la composition des gaz dans le sang et met le système nerveux en légère alerte. Ce mécanisme, stressant pour le corps, apporte avec de l’entraînement beaucoup d’apaisement au mental et permet de gérer plus facilement le stress au quotidien. Ce paradoxe est expliqué en détail dans l’article sur les effets de kapalabhati sur le système nerveux.

Sur le plan énergétique, Kapalabhati est un purificateur puissant : il nettoie les nâḍīs, dissipe les stagnations et fait circuler le prāṇa avec plus de fluidité. Il active Manipūra, renforce Agni (le feu digestif), clarifie le mental et prépare le terrain pour des pranayamas plus subtils. C’est un souffle qui apaise et qui allège, un véritable nettoyage avant l’intériorisation.

Contre-indications :         

Kapalabhati étant une hyperventilation volontaire, il modifie fortement les pressions internes, les gaz du sang et l’équilibre nerveux. Il est donc déconseillé notamment en cas d’hypertension, de troubles cardiaques ou d’antécédents cardiovasculaires, de hernie abdominale, de grossesse, vertiges, épilepsie ou anxiété aiguë.

Les débutants pratiquant kapalabhati peuvent parfois ressentir des vertiges sans gravité. Si c’est le cas, vous trouverez dans l’article dédié des conseils pour que cela ne se reproduise pas.

 

Bonne pratique !


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