La sadhana comme rituel yoga

La sadhana, un rituel yoga pour se réaliser
Nous aimerions tous être, en toutes circonstances, la meilleure version de nous-mêmes : avoir un corps qui fonctionne bien, un mental posé et calme qui ne se laisse pas embarquer par les émotions, un cœur ouvert et bienveillant à chaque instant… Quels que soit nos objectifs, ce désir de devenir meilleur s’appuie sur notre capacité à changer, à évoluer. Par de petits gestes, parfois insignifiants, nous pouvons ainsi modifier nos habitudes, créer de l’espace pour ce qui est réellement important à nos yeux. La sadhana est à la fois cet outil, cette discipline et ce moment que l’on dédie à l’amélioration de nous-mêmes…
Sadhana est un mot sanskrit qui signifie « moyen d’obtenir » ou « cheminement spirituel, pratique de yoga ». C’est la mise en place d’une routine, d’une discipline permettant de parvenir à un objectif précis. Plutôt que de se laisser modeler par l’environnement et nos penchants naturels, on cherche à introduire certaines pratiques dans notre quotidien pour développer ce qu’il y a de meilleur en nous. Plutôt que de se laisser aspirer par le temps qui file en se disant « plus tard, plus tard… », on s’astreint à dédier un moment à quelque chose que l’on aimerait développer, améliorer ou à un but que l’on souhaite atteindre. La sadhana déploie ainsi un espace nous permettant de changer nos habitudes et développer nos qualités spécifiques.

A chacun son coach
Nous sommes tous différents ; nos besoins, nos qualités, nos envies, nos facilités nous rendent uniques. Et c’est la raison pour laquelle il est important de choisir une sadhana qui nous convienne. Certains choisirons de pratiquer le pranayama ou le yoga postural chaque matin à la même heure, d’autres préfèreront préfèrerons prendre leur santé en main en s’astreignant à quelques exercices ciblés tandis que d’autres encore voudrons mettre un peu de conscience dans leur vie en préparant chaque jour avec minutie une cérémonie du thé. Il existe autant de possibilités que de pratiquants…
A l’origine c’était le maître qui, en observant son élève et les prédispositions qu’il avait, lui dictait sa sadhana et le guidait dans sa pratique. Ce système éducatif, que l’on appelle le système des gurukula, ressemble un peu à celui des écoles de philosophie antique : les Sadakh (ceux qui pratiquent la sadhana) vivent à proximité ou dans la même maison que leur « guru » pour en recevoir les enseignements. Le maître observe alors les effets des pratiques qu’il a proposées et ajuste au fil du temps selon l’évolution de son disciple. Dans la tradition, on considère que pour être un élève accompli, il faut rester 12 ans auprès du maître, de façon à bien s’imprégner de son enseignement et de sa sagesse…

Choisir sa Sadhana…
Avec nos emplois du temps actuels, il est assez difficile de se retirer aussi longtemps pour s’engager sur la voie de la sagesse auprès d’un maître ou d’un éveillé. Alors comment faire pour tout de même avancer sur le chemin et trouver sa sadhana ?
Même si les « directeurs de conscience » ne sont plus au goût du jour et que l’on appréhende un peu en Occident (à juste titre parfois) la notion de guide, il est possible de suivre une école de yoga sérieuse ou un professeur qui vous permettront de développer tous les aspects du yoga et qui vous mettront sur la voie pour votre pratique personnelle.
L’idée est d’intégrer dans votre quotidien des moments qui vous mèneront à un travail intérieur et à une réflexion.

Choisir selon ses prédispositions
La première chose est de savoir ce qui vous plaît, ce vers quoi vous mènent vos penchants. Est-ce que vous avez plutôt envie de pratiquer le yoga, le pranayama ou la méditation ? Peut-être que vous aimez lire, dans ce cas vous pourriez choisir un texte inspirant, ou sacré ou un même ouvrage ancien. Peu importe la tradition, qu’il s’agisse d’un texte indien comme la Bhagavad-Gita ou la vie d’un Saint, ce qui est important c’est que cela vous donne matière à réflexion et vous inspire. Peut-être que vous aimez vous mettre au service des autres ou qu’il est important pour vous de retrouver la santé… Il existe autant de voies qu’il existe de branches de yoga.

Quand, comment, combien de temps ?
La seconde chose à déterminer, c’est le temps que vous voulez y consacrer et la régularité que vous allez mettre en place. Il vous appartient de décider si vous souhaitez vous engager sur une durée plutôt courte ou plutôt longue, en étant réaliste quant à vos possibilités. Inutile de prendre de bonnes résolutions impossibles à tenir et de créer de la frustration ou de la culpabilité. Certains saddhus décident de garder les bras en l’air ou de rester debout toute la journée et toute la nuit pendant un an. Mais il est aussi possible de choisir une sadhana qui s’étend « seulement » sur une période d’une, deux ou trois semaines.
La durée et la régularité sont aussi importantes à déterminer : combien de temps, et combien de fois par semaine ? Encore une fois, choisissez quelque chose qu’il vous sera facile de tenir de façon à ce que la sadhana ne se transforme pas en corvée mais reste bien un moment que vous vous consacrez.

Avec ou sans soutien moral 🙂
Vous pouvez bien sûr décider de mener la sadhana complètement seul, mais parfois, un petit coup de pouce peut aider quand on ne sait pas par quoi commencer. S’inscrire à un cours de yoga à l’année et y aller toutes les semaines est une bonne démarche pour commencer. On peut ensuite décider de caler entre les séances une ou deux sessions de respirations ou de postures.
Il existe aussi de nombreux programmes en ligne, plus courts, où on fait chaque jour de la méditation ou du pranayama, ou des postures (c’est ce qui est proposé la semaine prochaine – 18 mars 2024 – pour se préparer au printemps). Sans compter les nombreuses applications avec rappels et compagnie.

Inutile donc d’être dans un monastère des Himalayas pour pouvoir se lancer dans une sadhana et chercher à améliorer sa qualité de vie. C’est même, très certainement, lorsque l’on a vie bien remplie que la sadhana est certainement la plus bénéfique. On l’adapte, on fait en sorte qu’elle trouve sa place dans notre quotidien. Ce qui compte c’est l’authenticité de la démarche, le désir réel de ne plus se laisser aspirer par le temps qui file, de se consacrer du temps, d’ouvrir un espace dans lequel une partie de nous puisse se déployer et s’épanouir. L’expérience intérieure qui en ressort nourrit ensuite toute notre journée, nous défait de nos automatismes, nous amène à porter un regard nouveau sur le monde ainsi que plus de liberté.
Quelques exemples de sadhana
- 20 minutes de postures 3 ou 5 fois / semaine + 1 cours hebdo
- 10 minutes de pranayama 3 ou 5 fois / semaine
- 10 minutes de méditation / jour
- Se lancer dans l’exploration des mudras
- 30 minutes d’une lecture inspirante (pas le dernier Fred Vargas 😉
- Et pourquoi ne pas se laisser absorber par le côté méditatif de la calligraphie, ou écouter de la musique classique en observant nos mouvements intérieurs ?
Si vous avez envie de tenter mais que vous ne savez pas par où commencer, la semaine prochaine (le 18 mars) commence la sadhana « renaître au printemps ». Il s’agit pendant une semaine de pratiquer chaque matin 30 minutes de yoga en ligne ou en replay pour soutenir le corps dans son processus de détox. Le yoga est assez chauffant pour réveiller le feu digestif (agni). Observez ensuite comment ce petit moment que vous avez consacré à votre corps et à votre mental modifie votre journée…

En résumé pour se lancer dans une sadhana
- Choisir l’activité que l’on veut pratiquer, avec non pas une idée d’efficacité et de performance, mais le désir de retrouver de l’intériorité
- Choisir la durée que l’on souhaite consacrer à cette activité et le nombre de fois par semaine où l’on pourra s’y adonner,
- Combien de temps ? une semaine ? un mois ? … à vous de voir
- Se lancer !
Bonne Sadhana !


Instructif et inspirant comme d’habitude 🙂
nices!! Du Yoga à Brahma Muhurta – la saveur de l’aube