
La méditation – Les Cahiers du Yoga n°45
La méditation donne des ailes, c’est exactement ce que nous montre la couverture des Cahiers du yoga n°45. Cette revue trimestrielle de Yoga, éditée par l’école Yoga 7, est la revue francophone de Yoga Suisse (anciennement Fédération Suisse de Yoga). Elle permet d’approfondir la pratique et de mieux connaître l’esprit et la philosophie du Yoga. Ce trimestre, l’honneur est donné à la méditation, les différentes techniques qui existent, l’utilisation de Yantra etc.
Editorial de l’article sur l’assise…
Voici, pour ceux que cela intéresse, l’éditorial et au-dessous l’introduction de l’article que j’ai écrit pour ce numéro. Il s’agit d’une explication sur la façon dont il est possible de s’asseoir et d’adapter la posture assise pour se sentir tout à fait à l’aise lors de la méditation. On y explore le lien entre l’allongement de la colonne vertébrale et la qualité du souffle, la détente générale du dos et la possibilité de pouvoir tenir longtemps, sans effort dans cet asana. Si vous souhaitez plus d’explications pratiques et illustrées, n’hésitez pas à jeter un œil à l’article de blog sur l’assise en yoga.

Longtemps associée à des traditions religieuses, la méditation est aujourd’hui considérée comme une pratique laïque dont les bienfaits sur le cerveau et plus généralement sur la santé sont reconnus par la communauté scientifique. Elle est enseignée sous toutes les formes via une offre pléthorique de cours, de livres, de chaînes Youtube et autres applications de smartphones et est pratiquée en salle de yoga, mais aussi à la maison, à l’hôpital, à l’école, en entreprise, et même sur les terrains de sport. On peut se réjouir de l’essor de cet art ancestral mais aussi s’interroger : la méditation est-elle devenue une nouvelle médication, et peut-elle être réduite à cela au risque d’en occulter sa dimension spirituelle originelle ?
Chacun peut répondre à cette question selon sa propre expérience. La méditation est effectivement avant tout affaire de pratique, d’expérimentation, de vécu.
Elle est une invitation à se poser pour observer et accueillir pleinement ce qui est là dans le moment présent en laissant glisser et se dissoudre pensées, émotions, impressions,…
Au fil des séances, un état de paix profonde, un état d’unité peut graduellement se dévoiler. Il ne s’agit plus de « faire » une activité, ni d’appliquer telle ou telle technique mais de vivre dans la conscience de ce qui « est », de la vraie nature de l’être. Profondément transformatrice, la pratique peut alors se déployer à chaque instant du quotidien et devenir un art de vivre.
C’est « une façon d’être au monde » (Cécile Roubaud,p.26), » dans la danse de la réalité » (Gérard Duc,p.9). André Rhiel évoque un « état d’éveil spirituel » (p.5); Thierry Janssen invite à une « plongée dans le silence intérieur » p.18); Karine Bayard nous parle de « paix fondamentale » (p.32); Liliane Cattalano « d’une goutte de paix-joie-perfection parfaite » (p.13).
Merci à chaque auteur d’avoir choisi si bien les mots pour esquisser une définition de ce qu’est la méditation aujourd’hui.
Je pose le souhait que la lecture des Cahiers du Yoga puisse inspirer, motiver et nourrir un peu plus l’expérience contemplative de chacun de vous, débutant ou expérimenté, et vous souhaite une bonne pratique.
Sylvie Tallon
Rédactrice en chef
Introduction de l’article sur l’assise…
L’assise méditative
« Quel besoin d’autres âsana quand la perfection est atteinte dans siddhâsana ? » nous dit la Hatha Yoga Pradipika. Avec padmâsana (le lotus), siddhâsana est décrite dans les textes anciens comme la posture de méditation par excellence des sages et des yogis. Ces deux âsanas, associés à du pranayama, des bandhas et des drishtis « ouvre[nt] la porte pour la libération finale » (HYP ; I. 35 et 49), c’est-à-dire créent les conditions favorables à une circulation optimale du prana et permettent au yogi de diriger celui-ci de façon à atteindre l’état de méditation.
Ces assises se font avec un long dos droit pour permettre une bonne circulation de prana, une mobilité optimale du diaphragme, une mobilisation du nerf vague et des jambes croisées pour éviter une déperdition d’énergie dans le bas du corps. Ce croisement de jambe assure aussi une base stable et solide à la posture et garantit donc l’immobilité…
Une assise culturelle…
Mais il est important de remettre cette assise dans son contexte : celui d’une culture où la position assise jambes croisées sur le sol est une position rattachée aussi bien à la pratique de la méditation qu’à des actions beaucoup plus quotidiennes sans rapport avec un processus d’introspection… Autrement dit, cette assise jambe croisée est une position naturelle, facile à tenir pour tous à l’époque de la Hatha Yoga Pradipika. Stable, confortable, elle peut être tenue longtemps sans effort. Autant de critères nécessaires pour libérer le mental lors de la méditation. Et nous ? Comment pouvons-nous, Occidentaux sédentaires séparés par des siècles de chaise, trouver une assise propice à la méditation ?
Trouver sa posture assise…
Car il est évident que s’astreindre à padmâsana ou siddhâsana quand le corps n’est pas prêt peut amener des tensions et un inconfort tel que l’on passerait à côté de la stabilité mentale requise pour la méditation… Étant donné de plus que la posture affecte la respiration et que la respiration affecte le mental, trouver une assise « correcte » – une assise où la respiration peut se faire pleinement – permettrait de mettre toutes les chances de notre côté… La posture « idéale » n’est donc pas parfaite, c’est celle qui convient à notre corps. C’est le cadre qui nous donne force, stabilité, ancrage (sthira) et en même temps assez de souplesse et de confort (sukha) pour que l’expérience de la méditation puisse advenir en nous… Alors, quels points de repère choisir pour trouver ma posture assise ?
