Le mala, guirlande de silence et de présence

Le mala comme support aux mantra ou à la méditation…
On le voit autour du cou de certains yogis, posé sur un autel ou glissé entre les doigts pendant la méditation. Le mala intrigue : est-ce un collier de prière ? Un chapelet bouddhiste ? Un outil spirituel ? J’ai longtemps associé les malas à quelque chose de religieux et ce n’est que tardivement que j’ai commencé à les utiliser dans ma pratique du yoga. Pourtant, ces colliers de perles sont un support précieux pour la récitation de mantras, mais aussi pour la concentration ou le travail de la respiration…
Un mala ressemble à un collier ou un rosaire. Il est utilisé par les hindous, les bouddhistes ou les pratiquants de yoga qui l’égrainent entre leurs doigts (le pouce et le majeur traditionnellement comme vous le lirez dans l’article sur l’utilisation du mala) pour compter le nombre de mantras prononcés lors des méditations ou des prières.
Le coin des curieux : petite précision pour les amoureux de subtilités linguistiques, j’écris ici le mala, parce que les mots étrangers intégrés à notre langue prennent par défaut le masculin. Mais notez qu’en sanskrit le genre est féminin, on dit la mala – pour éviter notamment les confusions un peu… gênantes (en sanskrit, mala au masculin désigne les déchets ou les excréments. Voilà, vous savez tout !)

De quoi est composé un mala ?
Le mala se compose de 108 perles + 1 perle supplémentaire, légèrement différente des autres par sa taille, sa forme ou sa texture. On appelle cette dernière perle « la perle du Maître » (ou perle du Guru), parfois nommée Meru en référence à la montagne mythique qui, dans la cosmologie hindoue, représente le centre du monde et le séjour des dieux. Cette perle ne fait pas partie du décompte comme vous le verrez dans l’article sur l’utilisation du mala, elle marque le point de départ et de retour, comme un repère sacré dans le cycle de la récitation ou de la méditation.

Comment choisir son mala ? Matières, énergies et intentions
Le choix d’un mala est avant tout une affaire de ressenti. Il peut être très simple — une cordelette sur laquelle vous aurez noué 108 nœuds — ou plus élaboré, composé de perles semi-précieuses aux propriétés énergétiques variées. Chaque matériau porte une vibration particulière, et peut accompagner votre pratique selon vos besoins du moment.
Un mala en graines de rudraksha : force intérieure et feu sacré
Très répandues en Inde, les graines de rudraksha sont souvent portées seules autour du cou après avoir été bénies par un maître spirituel ou un sage. Ces graines, dont le nom signifie » oeil de Rudra », viennent de l’arbre sacré de Shiva ; elles comportent la plupart du temps 5 faces et ont différentes propriétés magiques. Elles sont notamment réputées pour donner la paix et la force intérieure, remédier aux inquiétudes et au manque de concentration (idéal pour la méditation !). Associées au dieu Shiva, elles sont notamment liées à la chaleur et à l’énergie du feu et aideraient à éveiller la Kundalini.


Un mala en bois de santal ou de tulsi : apaisement et ancrage
Si les graines de rudraksha peuvent être trop ardentes pour certains Pitta, on peut choisir le bois de santal, associé à Vishnu et ses avatars, Rama et Krishna. Ce bois est relaxant pour le mental et pour le cœur, il apaise le stress et l’impatience, calme l’esprit et aide à s’ancrer (on retrouve ces propriétés aussi dans l’huile essentielle de bois de santal). On peut aussi utiliser le Tulsi, c’est-à-dire le bois des branches du basilic sacré – un arbuste de 30 à 60 cm de hauteur qui a de nombreuses vertus en ayurveda.
Un mala en pierres semi-précieuses : énergie ciblée et beauté
Améthyste, quartz rose, aventurine… chaque pierre a ses propriétés spécifiques. Certaines favorisent l’ouverture du cœur, d’autres la clarté mentale ou la protection énergétique. Choisissez selon votre intention ou simplement selon votre ressenti. Comme pour les bois et les graines, veillez à privilégier des sources éthiques pour éviter de contribuer à l’exploitation environnementale.

Un mala plus petit pour des méditations courtes ou la pratique ininterrompue…
On peut aussi trouver des « malas » plus petits, sous forme de bracelets. Ils contiennent une fraction du nombre traditionnel :
- 54 perles (la moitié)
- 36 perles (un tiers)
- 27 perles (un quart)

Ces formats sont pratiques à porter au quotidien, et peuvent être utilisés pour des pratiques continues comme le japa sumirani — où le mantra se répète spontanément, même pendant le sommeil, sur une période déterminée.
Et si vous débutez, pas besoin d’investir dans un objet précieux : une simple cordelette avec 108 nœuds peut suffire pour commencer à réciter vos mantras ou à accompagner votre respiration.
Pourquoi 108 perles dans un mala ?
Pour ceux qui aiment les chiffres, on pourrait passer des pages et des pages sur la symbolique, mais voici un petit résumé de ce que j’ai trouvé…
Selon les Upanishads, l’homme respire 21 600 fois par jour, c’est-à-dire 10 800 fois la nuit et 10 800 fois le jour. Comme chaque respiration est en soi un mantra (So-Ham) et que chaque fois que l’on prononce un mantra ses fruits sont multipliés par 100, répéter 108 fois un mantra reviendrait en réalité à le dire 10 800 fois…
Autre explication symbolique :
- le 1 représente l’Unité ou Dieu
- 0 représente le vide, l’accomplissement de la pratique spirituelle
- 8 représente l’infini et l’éternité.
Il existe une infinité encore de sens pour expliquer ce nombre, vous trouverez des explications plus approfondies sur ce site en anglais…
C’est le moment de pratiquer !
Le prochain article vous donne les clefs de l’utilisation du mala
et des exemples de mantra (cf. la chaîne Youtube) qui peuvent se chanter avec ou sans mala…

Sources :
- Héritage du Sanskrit, dictionnaire sanskrit-français, Gérard Huet.
- Méditations Tantriques, Swami Satyananda Saraswati ; éd. Satyanandashram France (chap XIII).
- https://www.swamij.com/108.htm
- https://www.yoga-horizon.fr/mala-de-rudraksha-3ieme-partie-loeil-de-shiva/


Super cet article m interesse bien
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